~ révélation ~

BLOG EN PAUSE CAR TROP DE TRAVAIL ET D'ÉVÉNEMENTS PLUS OU MOINS RÉJOUISSANTS. NE VOUS INQUIÉTEZ PAS, ON REVIENT. EN ATTENDANT, VOUS POUVEZ TOUJOURS ALLER LA, C'EST MON BLOG (FANNY) DE DRAMA JAPONAIS EN STREAMING ;)



Bienvenue sur notre blog. Faisons les présentations. Nous sommes Fanny et Mary, deux jeunes filles... avec 8 ans d'écart, mais cela n'a pas d'importance. Nous sommes fans de la saga Fascination par Stephenie Meyer. Si vous souhaitez avoir de plus amples informations sur nos personnes, just message us.
Parlons maintenant du but de notre présence ici. Il nous est venu l'idée de faire une fiction, centrée sur la relation de Jacob Black et Renesmée Cullen. Si vous n'avez pas lu la saga, vous aurez du mal à comprendre. Si vous n'avez pas encore lu le quatrième tome, ce sera ... disons un très gros spoiler, alors allez le lire et revenez après ;]
Il me semble que tout est dit... nous vous laissons découvrir...

Mary&Fanny





~ révélation ~

# Posté le samedi 01 novembre 2008 13:52

Modifié le samedi 07 novembre 2009 18:53

~ 1~

~ 1~
- Nessie ! Renesmée, je t'en conjure, éloigne toi de là !
La voix était suppliante, enrouée par l'angoisse.
- Laisse-moi faire, Jacob. Je ne risque rien du tout.
Mes yeux glissèrent à nouveau sur l'horizon, avant de s'attarder sur la surface de l'eau, vingt mètres plus bas. Le ressac formait une écume blanchâtre parmi les vagues qui s'écrasaient contre la falaise. Une fois de plus, l'odeur un peu acre du sel marin me montait aux narines, comme un appel.
Repoussant d'un geste agacé une des boucles cuivrées qui me chatouillaient le nez, je pris une profonde inspiration, fléchis les genoux et m'élançai, déjà grisée par la montée d'adrénaline qui courait dans mes veines.
Je m'attendais à une sensation précise, mais le choc qui me coupa le souffle fut tout à fait différent.
Ma tête heurta violemment la pierre glacée et humide, tandis qu'une masse étonnamment tiède me clouait au sol. Je ne ressentis cependant qu'une très faible douleur, comme d'habitude.
- Jake, bouge de là!
L'intéressé sembla obtempérer, mais il m'attrapa à bras le corps et me colla sous son épaule. Cette fois ci, je ne pris même pas la peine de me débattre. Mon petit mètre soixante ne pouvait pas grand chose contre ce géant, même si j'avais une constitution solide. Je me laissai pendouiller le long de son flanc, savourant secrètement la chaleur qui émanait de mon ami.
J'aimais beaucoup Jacob Black. J'aimais son corps massif, ses yeux obscurs comme la nuit, ses traits à la fois anguleux et délicat, le parfum musqué si particulier qui se dégageait de sa peau ambré. J'aimais la chaleur qui se dégageait de lui, la douceur dans son regard, et le petit pli anxieux qui barrait son front en permanence tant il s'inquiétait pour moi. C'était sans doute égoïste, mais savoir à quel point ma vie comptait pour lui me procurait une sensation de bonheur inavoué.
- Aurais-tu, à l'instar de ta mère autrefois, l'intention de me faire mourir d'angoisse? Pourquoi ne peux-tu pas rester sans surveillance plus de quelques minutes sans risquer ta vie?
Sa voix était rauque, bourrue, mais détrompée par la tendresse qui enflammait ses pupilles sombres.
- Je t'en prie Jake, Leah saute tout le temps de cette falaise, il ne lui est jamais rien arrivé!
- Leah est une Quileute.
- Et moi une demi-immortelle.
Comme prévu, Jacob se contenta de donner un petit coup d'épaule pour affermir sa prise sur moi sans répondre. Il avança en silence, sans courir, mais il était si grand que ses enjambées nous ramenèrent à La Push en quelques minutes. Il me reposa alors délicatement sur le sol avant d'ouvrir la porte. Billy dormait déjà, et la maison embaumait l'encens. Jacob s'affaira devant le feu, plus par habitude que par réelle nécessité. Malgré le froid hivernal, la petite maison baignait dans une douce tiédeur, et la proximité du corps de Jake m'avait préservée de la pluie. Le jeune homme souffla sur quelques braises, tout en bougonnant dans son coin, irrité par mon goût des sensations fortes.
Mes parents, Edward et Bella Cullen, s'étaient absentés quelques semaines pour chasser avec mes tantes, Alice Cullen et Rosalie Hale. Comme à chacune de leur absence, ils m'avaient confié à Jacob, ce qui au final ne changeait pas grand chose à mes habitudes, si ce n'est que je dormais à la Push au lieu du Cottage ou de la Villa Blanche de la famille Cullen.
- Tu as faim?
Façon polie de me demander de quelle façon je comptais m'alimenter. Lorsque j'avais intégré le Lycée de Forks, j'avais découvert que je pouvais tout à fait me satisfaire de la nourriture humaine, à condition de consommer du sang de façon régulière, une ou deux fois par semaine. A cette idée, mon estomac se tordit. Depuis que je côtoyais les humains, les aspects vampiriques de ma physionomie me glaçaient le sang, sans mauvais jeu de mot. J'avais toujours été consciente de ma différence, mais j'étais bercée et choyée entre les Cullen et les Black, et on m'avait tenue à distance des humains tant que je grandissais à une vitesse effarante. Lorsque mon âge physique avait commencé à sérieusement se stabiliser, il y a deux ans, j'avais obtenu le droit d'aller au lycée.
Mon père et mon grand père, Carlisle, m'avaient si bien préparée que je devins la meilleure élève de ma classe en quelques jours. Mais ce qui me surprit par dessus tout, ce fut la fascination que je semblais exercer sur mes camarades. Les filles m'observaient bouche bée, et les garçons se bousculaient pour me tenir la porte. Je savais dors et déjà que les Cullen avaient ce genre d'influence sur les autres, ma mère me l'avait assez raconté, mais on m'avait dit qu'ils se tenaient à une distance respectueuse d'eux. Dans mon cas, il me suffisait d'un regard ou d'un sourire pour que la personne en face de moi soit prêt à se couper en deux pour mon bon vouloir. Cela m'avait d'abord effrayé, puis amusé.
Je m'étais rapidement composé une petite bande d'amis, avec qui je passais le plus clair de mon temps au lycée. Peu à peu, nos différences m'avaient sauté aux yeux, m'affectant plus que je n'aurais pu l'imaginer. Ma force, la résistance de ma peau tiède, mon gout du sang, et l'affreuse évidence que je ne vieillirais jamais. L'attraction que j'exerçais sur les autres également. Je n'en comprenais pas le sens. Je me trouvais assez banale, mais j'avais la curieuse impression que ce n'était pas le cas. Mes cheveux cuivrés tombaient en lourdes anglaises jusqu'au bas de mon dos. Crinière hirsute qui se rebellait quand je tentais de la discipliner ou de la couper. Mes yeux avaient la couleur du chocolat fondu, comme ma mère, et mes traits, si je ne pouvais nier leur finesse, n'étaient rien en comparaison de ceux de mon père ou de ma tante Rosalie. Je compris alors que ce n'était pas de moi que cela dépendait. Que c'était mon ascendance qui me conférait un charisme et une beauté particuliers.
Et peu à peu, j'en étais venue à détester la part de vampire en moi. Elle étouffait l'humaine que j'étais, l'enfouissait, la tuait à petit feu. J'avais alors commencé à n'utiliser mon don qu'avec les personnes les plus proches de moi.


Texte : Mary
Optimisation récit : Fanny

# Posté le samedi 01 novembre 2008 17:20

Modifié le lundi 10 novembre 2008 18:04

~ 2 ~

~ 2 ~
J'ouvris les yeux une seconde avant que mon réveil ne sonne. La mélodie simpliste et mécanique m'horripilait. Je l'éteignis mais restai encore quelques secondes contre le torse brûlant de Jacob. Je tiraillai sur un de ses longs cheveux ébène. Il cligna les paupières et sourit en me voyant, puis bailla largement, de façon assez bestiale. Je sautai en bas du lit et me précipitai dans la salle de bains. Tandis que je claquai la porte derrière moi, j'entendis Jake soupirer. Je ris doucement. Ce matin, j'étais la plus rapide. Un quart d'heure plus tard, je remuais pensivement mes corn flakes. En face de moi, Jacob engloutissait des quantités insoupçonnées de bacon et de bananes. Billy entra, assis sur sa chaise et vêtu d'un peignoir bleu. Il me sourit.
-Heureux de te voir, Renesmée.
-Bonjour, Billy.
Il jeta un coup d'oeil à l'horloge victorienne qui cliquetai au dessus de nos têtes.
-Vous allez être en retard...
-Oh!
Je me levai d'un bond et entraînai Jake à ma suite, qui balbutia un "à tout à l'heure" à son père avant de me suivre. J'attrapai mon sac et nous sortîmes.
J'inspirai une longue bouffée d'air glacial dans mes poumons et me mis à grelotter. Jacob, parfaitement à l'aise, secoua sa longue crinière et me demanda :
-Comment veux-tu aller au lycée ce matin, Nessie ?
Je lui tirai la langue.
-On fait la course. Premier arrivé au portail.
Aussitôt, nous partîmes en trombe. Le vent sifflait à mes oreilles, mes cheveux bouclés battaient mes épaules, formant un éventail cuivré autour de mon visage. A mi-parcours, j'adressai un sourire espiègle à Jake et accélérai l'allure. Je sentis mes joues rosir légèrement, à cause de la circulation de mon sang. C'était bon de se sentir en vie. Humainement parlant, s'entend.
-Gagné!
-Humph...
-Allez, fais pas la tête.
Je plantai un baiser sur sa joue, ce qui n'était pas des plus aisés étant donné nos tailles respectives.
-A ce soir, Jake.
-File, Ness.
Les mains négligemment plongées dans les poches de son short (n'avait-il pas honte de porter ça en plein hiver ?! Alice en aurait eu une crise cardiaque, si la chose avait été possible.), il me regarda me diriger vers ma bande d'amis, puis disparut à la lisière de la forêt. Je me concentrai sur les visages me faisant face. Ils avaient l'air heureux de me voir. Comme toujours.
-Salut Nessie !
Je me fendis d'un large sourire et les questionnai sur leur week-end. Il y avait Will, Vanessa, Lily, Nate et Eleanor. Mes amis. De simples humains. Je m'efforçais à ne pas penser au sentiment que j'éprouverai quand, quelques décennies plus tard, ils seraient morts et moi, certainement dans un autre lycée, à l'autre bout de la planète.
Lorsque j'ouvris mon casier pour y prélever mon livre de maths, une rose blanche en tomba pour aller se poser au sol avec douceur. Intriguée, je la ramassai et regardai autour de moi. Je vis Rob, un élève de terminale, rougir brusquement et partir au détour du couloir. Je soupirai et rangeai le présent. Rob était du genre mignon et sportif, capitaine de l'équipe de baseball du lycée. J'étais agacée... Vanessa était folle de lui. Cette attirance que j'exerçai sur les garçons me répugnait parfois. Faire de l'ombre à mes amies était la dernière chose que j'avais envie de leur offrir. Heureusement, il y avait des gens comme Will et Eleanor : profondément amoureux. J'avais remarqué une chose qui n'avait pas manqué de me ravir. Lorsque que le c½ur de quelqu'un était déjà pris, ses sentiments envers moi ne pouvaient être qu' amicaux.
A la cafétéria, je mangeai peu. J'entendis à peine la discussion animée qui se déroulait à la table. Je savais seulement qu'ils parlaient d'une série américaine, Newport Beach ou Gossip Girl, quelque chose dans ce goût là. Je jetai un coup d'oeil à la table du fond, inoccupée. C'était là que s'asseyait la fratrie Cullen, lorsque maman était au lycée. Mes pensées dérivèrent sur ma mère. Elle était si belle. Et si forte! Son parcours humain était héroïque. Quand je pensais à la façon dont elle m'avait courageusement porté dans son ventre alors que je lui faisais tant de mal, j'en avais les larmes aux yeux.
Distraite, je frôlai Nate. Il sursauta.
-Qu'y a-t-il ?
Je n'eus pas de mal à comprendre la surprise de mon ami. L'image de ma mère dans mon esprit devait être tellement forte qu'elle avait déclenché mon pouvoir au contact de la peau de Nathaniel. Isabella Cullen Swan en robe couleur crème avait du resplendir durant une demi-seconde dans son cerveau.
Je feins l'incrédulité, impatiente de faire oublier l'incident. Je terminai la journée sans autre évènement notable. A la sortie, je fus surprise de voir Esmée au lieu de Jacob m'attendre à la grille. Je la rejoignis à grandes enjambées.
-Bonjour Esmée!
Elle m'étreignit, son aura maternelle formant un halo virtuel autour de son corps bienveillant.
-Jake m'a autorisé à t'emmener faire du shopping à Seattle.
Je me sentis d'humeur joyeuse. Contrairement à ma mère, j'appréciais les nouveaux vêtements et la mode. C'était un terrain que je partageais aisément avec Alice, sa blonde de s½ur et ma grand-mère.
Nous grimpâmes dans la Volvo rutilante, la moins tape-à-l'½il des voitures Cullen. Le moteur rugit silencieusement et Esmée me sourit.
-Après les achats, il y a quelqu'un qui demande à te voir.
J'étais curieuse, mais je gardai mes questions pour moi. Je me détendis et contemplai la végétation verdoyante de Forks à travers la vitre.


Texte : Fanny

A lire avant de mettre un commentaire désobligeant et agaçant :
Beaucoup d'entre vous se sont mépris sur la nature de la phrase "avec Alice, sa blonde de s½ur et ma grand-mère" et nous ne pouvons pas vous en blâmer... Bien, faites attention. "sa blonde de s½ur" signifie Rosalie ! Merci, nous aussi on a lu les livres, nous aussi on sait que la belle Alice est brune ! Ce n'est pas une brimade envers ceux qui avaient posé la question, parce qu'en effet cela peut porter à confusion, mais alors celles qui laissent un unique commentaire de mauvais goût, on apprécie peu... Bref, sur ce, au revoir chers lecteurs et lectrices, merci encore de nous lire, c'est vrai qu'à part le texte et le nom de celle de nous deux qui l'a écrit, on ne vous parle pas beaucoup via articles.

# Posté le dimanche 02 novembre 2008 06:27

Modifié le lundi 02 février 2009 15:49

~ 3 ~

~ 3 ~
- Non, pas celle là... Trop...
Je me tournai sur moi même, observant la façon dont le tissu adhérait aux courbes de mon corps.
- Verte...
Mon reflet dans le miroir fit la moue en me fixant d'un air blasé. Le rideau fut alors violemment écarté et je captai le regard appréciateur d'un jeune homme qui choisissait un jean. La silhouette d'Esmée lui coupa rapidement la vue.
- Nessie, que racontes-tu? Cette nuance de vert s'accorde parfaitement à tes cheveux cuivrés!
Je lui décochai un regard mauvais. J'avais une sainte horreur de la couleur de mes cheveux. Contrairement à mon père dont les mèches frôlaient le blond vénitien, mes longues boucles avaient une couleur d'un cuivre soutenue, ce qui, sans être flamboyant, passait pour un roux foncé. Échappant à la douce étreinte de ma grand mère, qui, soit dit en passant, passait d'avantage pour ma s½ur ainée, je retournai dans la cabine pour retirer la robe.
A nouveau tout à fait à l'aise dans mon jean taille basse et mon chemisier, je recommençai à flâner dans les rayons, tout comme Esmée qui cherchait désespérément un corsage capable de satisfaire Alice (end deux mots : sexy et classe). Mission impossible ou presque, mais qui avait le mérite de l'absorber suffisamment pour me permettre de m'éloigner. Compte tenu du temps infect, le soleil était presque invisible, et ma peau ne produisait pas ce faible halo brillant typique de ma condition de demi-immortelle. Respirant l'air glacé avec délice, j'appuyai mon dos contre la devanture du magasin sans regret, sachant dors et déjà que je n'y aurais pas trouvé mon bonheur.
- Excusez-moi?
Je tournai la tête vers la personne qui avait l'outrecuidance de violer l'un de mes rares moments de solitude, et reconnut le damoiseau de tout à l'heure. Sans être follement séduisant, il dégageait un certain charme qui ne devait pas laisser de marbre de nombreuses filles. Mais comme d'habitude, aussi mignon qu'il fut, je restai impassible.
- Oui..?
Il sembla surpris par l'intonation lasse de ma voix et hésita. Lasse, c'était le mot. Il recula, presque instinctivement. Intimidé. Ses yeux s'attardèrent sur la cascade rougeoyante de mes cheveux et il sembla reprendre du courage.
- Que diriez-vous de venir boire un verre...
Une fois de plus, bien qu' involontairement, Esmée me sauva la mise. Elle se jeta sur moi avec l'expression d'un lapin prit dans les phares d'une voiture.
- Mais enfin, où étais tu? As-tu la moindre idée de ce que me feraient subir ton père et Jacob si je te perdais à Seattle?
Ma grand mère remarqua alors mon interlocuteur et se tourna vers lui. Malgré son statut de « mamie », Esmée était une femme magnifique, dont le visage angélique n'avait d'égal que la perfection de sa silhouette. Ce fut trop pour le malheureux, qui nous bredouilla une vague excuse avant de prendre ses jambes à son cou. Elle ne lui prêta aucune attention.
- J'ai une surprise pour toi, Nessie!
Elle prit mon bras avec douceur et m'entraina dans les rues glacés de la ville, presque déserte tant le temps était affreux. Nos pas nous menèrent devant un immense palace que je connaissais pour y avoir passé quelques nuits, l'année précédente. Le portier s'inclina devant nous avec un je-ne-sais-quoi de dévotion. Esmée déposa un baiser de glace sur ma joue et me désigna un des ascenseurs.
- Suite numéro 4, je viens te chercher ce soir!
Elle disparut à une telle vitesse que des yeux humains n'auraient probablement pas eu le temps de la voir se déplacer. Échangeant un sourire avec la réceptionniste (une vieille carne tirée à quatre épingles), je me rendis à l'endroit indiqué, à la fois curieuse et agacée. Je n'eus même pas besoin de frapper. La porte s'ouvrit et un tourbillon m'entoura, à la fois glacé, sombre et parfumé, en un mot sauvage.
- Zafrina!
L'intéressée me gratifia d'un sourire éblouissant. Cela faisait plus d'un an que je ne l'avais pas vu, et, même si pour elle, le temps n'avait pas la même valeur que pour moi, je manquai de fondre en larmes dans ses bras foncés. Retrouvant mes réflexes d'enfant, je posais le bout de mes doigts sur sa joue. C'est si bon de te revoir. L'extrême sincérité dont je faisais preuve dut la surprendre car elle m'interrogea du regard. Mes doigts effleurèrent à nouveau son visage. Tu es la seule à me voir comme je suis réellement.
- Nessie! Mais enfin pourquoi dis tu cela?
Sa main se saisit de la mienne pour m'obliger à lui répondre oralement.
- J'ai l'impression de devoir jouer un rôle en permanence...
Je me dégageai de son emprise glacé et serrai les poings.
- Avec mes parents, je dois jouer à la parfaite petite vampire... Avec mes amis, à la parfaite petite humaine... Zafrina! J'aimerais tant être simplement moi...
La jeune femme posa sur moi ses yeux écarlates.
- Et qui es tu, Nessie?
- Surement pas un vampire!
J'avais craché ces mots avec un tel dédain que mon interlocutrice leva un sourcil. Elle ne semblait pas blessée, simplement dubitative.
- Et comment fais tu pour garder toute cette haine secrète?
Je compris qu'elle faisait allusion au pouvoir de mon père, qui lisait dans les pensés.
- Maman a étendu son bouclier à moi en permanence... Elle estime... Que papa n'a pas à entrer dans la tête de sa fille adolescente... Ce qu'il regrette beaucoup, entre nous.
Zafrina se mit à rire.
- Voila qui ne m'étonne ni de Bella, ni d'Eward. Viens près de moi Nessie, nous voulons te parler.
Nous? Un bruit dans la chambre voisine me signala effectivement que nous n'étions pas seules. J'approchai d'elle de bonne grâce. Je savais que Zafrina ne me jugerait pas. Elle était la seule au monde à me comprendre. Presque la seule. La vampire regarda par la fenêtre un moment. Ses pupilles un peu plus claires me signalaient qu'elle avait chassé peu de temps auparavant. Mon estomac se tordit. Qui avait perdu la vie pour me permettre cet entretien? Malgré ma crainte, je ne pouvais pas en vouloir à Zafrina de ne pas avoir choisit le régime « végétarien », comme ma famille. J'étais moi même dépendante du sang humain et... Nos pouvoirs étaient si proches! Elle semblait persuadée que je ferai de grandes choses. Qu'un destin hors du commun m'attendait.
J'espérais qu'elle se trompait.
Une porte grinça et je me retournai. Le seul représentant de ma race de sexe masculin me faisait face. Nahuel.


Texte : Mary
Optimisation du récit : Fanny

# Posté le dimanche 02 novembre 2008 13:44

Modifié le jeudi 27 novembre 2008 15:44

~ 4 ~

~ 4 ~
J'étais véritablement enchantée de le voir. Zafrina avait vu juste. Si quelqu'un pouvait m'aider, ça ne pouvait être que lui.
Il n'avait pas changé. Je contemplais ses cheveux noirs et drus, sa peau charbonneuse. Une fossette rieuse creusait sa joue droite.
Il baissa la tête, l'air penaud.
-Je... j'ai entendu votre discussion. Pas fait exprès.
-T'en fais pas.
C'était même mieux ainsi. Je ne voulais pas répéter encore une fois ce que j'avais dit tout à l'heure.
-Tu sais, Nessie... Quand je fus en âge de comprendre ce que ma mère avait vécu, je me suis mis à détester la part de vampire en moi. Peu à peu, j'ai ré-appris à l'apprécier. En partie grâce à mes s½urs. Et puis il y a des avantages. La vitesse, la force... l'immortalité. Mais toi, Renesmée, tu devrais être fière de ton métissage! Personne n'est mort pour te mettre au monde. Tes parents sont des héros. Est-ce que tu pourrais m'expliquer les raisons profondes de ton mal-être ?
Je soupirai.
-A Forks, je me suis fait des amis... humains. Je me sens différente d'eux? Trop différente. C'est nul.
Je trouvai ma dernière phrase digne d'une petite section de maternelle. Jake aurait dit que je tenais ça de Bella. Cet air buté à toute épreuve.
Désappointée, je cherchais quelque chose à dire. Je sentis sa main se poser sur mon épaule. Je l'avoue, je me sentais mieux. Avoir vidé mon sac avait certainement aidé.
-Personnellement, j'adore ma part vampirique, mais je crois comprendre ce que tu ressens. Il n'y a qu'une seule solution, Ness... Sois toi même. N'essaye pas de faire uniquement ressortir la part de toi que les gens en face de toi préfèrent. Tu n'es pas un vampire et tu n'es pas humaine. Tu es une demi-immortelle. De plus, je parie que tes amis verraient à peine la différence. C'est simplement une décision, disons... intérieure.
Je songeai à l'incident avec Nate à la cafétéria mais je n'estimai pas nécessaire d'en parler. Il reprit :
-Et avec ta famille... je crois que tu devrais demander à ta mère de retirer sa protection autour de ton esprit. Ton père te comprendrait sans que tu ais à sortir un mot. Tes pensées seraient claires comme de l'eau de roche. N'aie pas peur qu'il soit blessé, je pense qu'il sera compréhensif.
-Tu as peut-être raison.
Je ne savais que répondre d'autre. Je restai silencieuse, pensive. Zafrina tapa dans ses mains. Je sursautai. J'avais quasiment oublié sa présence. Elle prit la voix de la parfaite hôtesse :
-Thé, Café, Sang ?
L'amazone perçut ma grimace gênée.
-C'est du sang récolté par les dons. Des trucs médicinaux. Carlisle m'en a envoyé une dizaine de sachets.
Rassurée, j'acceptai un verre de sang réchauffé.
-Et toi, Nahuel ?
-Café, merci.
Nous bavardâmes tels des amis de longue date. Leur compagnie était vraiment agréable. Le temps passait vite et bientôt mon ouïe affinée perçut le ronronnement de la Volvo. Alors que je me levais, je vis dans les yeux de Nahuel une lueur qui me mit mal à l'aise, sans comprendre pourquoi. J'embrassai mes amis et promit de venir les voir en Amazonie, puis descendis dans la rue.
Il faisait nuit et trop froid pour ma chemise en coton. Aussi fus-je réconfortée par la chaleur à l'intérieur de l'habitacle. Tandis que nous roulions en direction de la périphérie, Esmée me demanda :
-Tu t'es bien amusée ?
-Oui, Nahuel était là également.
-Oh. Tu as école demain ?
-Oui, pourquoi?
-Tes parents et tes tantes rentrent demain. Edward et Bella passeront la nuit à la Villa. Tu passeras dans la journée ? Tu reviendrais le lendemain chez nous. Alice meurt d'envie de savoir ce que tu as acheté.
-Bien sûr, je viendrai.
C'était l'occasion idéale d'aborder le sujet sensible avec mes parents.
La voiture s'arrêta devant la maison des Black et j'embrassai la joue d' Esmée avant de sortir dans la nuit. J'entrai sans frapper et fermai la porte à clé derrière moi. Je criai :
-C'est moi! Jake, t'es où ?
-Dans le séjour!
Je m'y dirigeai et sautai sur son dos.
-Bon sang, Nessie, tu pèses lourd!
-Désolée, dis-je d'un air tout sauf désolé.
-Je prépare deux steaks. Bien saignants comme tu aimes.
Je reluquai la viande avec envie.
-Où est Billy ?
-Chez les Clearwater.
-Ah...
J'entrepris de mettre la table pour deux personnes. Il s'éclaircit la gorge. Je compris qu'il avait quelque chose à m'annoncer.
-Demain soir, je suis invité à un barbecue avec les reste des Quileute. Je me demandais si tu voulais m'accompagner.
J'haussai les sourcils.
-Il y aura la meute de Sam, n'est-ce pas ?
-Oui. La situation s'est stabilisée. L'entente est relativement bonne.
-Et... tu veux que je vienne avec toi ? Ils ne doivent pas m'aimer beaucoup.
-Ils ne te connaissent pas. Viens, s'il te plait, j'ai besoin de toi.
Son ton était suppliant.
-D'accord. Je viendrai si ça peut t'aider.
Il me sourit, plus détendu.
-Par contre, je dois passer à la Villa Blanche. Papa et Maman rentrent.
-Bien sûr. Passe le bonjour à ta mère.
-Évidemment.
-Et viens manger, c'est prêt.
Nous dévorâmes nos steaks.
-Ça se passe bien avec Leah ? C'est ton bêta, non ? Je n'ai jamais rien compris à ces trucs de hiérarchie.
-C'est simple. Je suis l'Alpha, le chef de la meute. Leah est mon second. Sinon, oui, ça se passe bien.
-Je crois que j'ai compris.
Je baillai pendant douze secondes sans interruption.
-Et beh. Il n'est que 21 heures. On regarde la télé ?
-Ce que tu veux qui comporte un truc moelleux et confortable.
Nous nous installâmes sur le canapé et Jake alluma la télé. Je me nichai au creux de son torse et tentai de m'intéresser au film. C'était Underworld. Ce qui était censé être un film de science-fiction eut un effet comique et déclencha un débat.
-Ils sont assez loin de la vérité, tout compte fait...
-Mmmmmmoui. Mais c'est mignon, cette histoire d'amour entre le lycan et la vampire. Ça prouve que tout est possible.
Je baragouinai encore quelques mots dénués de sens et m'endormis aussi sec dans les bras de l'indien.

Texte : Fanny

# Posté le lundi 03 novembre 2008 09:23

Modifié le jeudi 27 novembre 2008 13:07